La Ville



 

La Ville
154 pages noir & blanc, couverture souple
Les Editions 2 déci, Yverdon, 1991

 
 
Écrite et dessinée entre 1983 et 1986 au Brésil, cette bande dessinée révèle les préoccupations politiques et philosophiques de líauteur. Roosevelt explique que, à cette époque, ìil y avait dans líair de mon pays, une envie de pouvoir parler, discuter, critiquer, proposer, après une longue dictature où la censure était la norme.î

Ainsi est né ce livre, inspiré par la pièce de théâtre ìLíEtat de Siègeî díAlbert Camus, qui met en scène une ville symbolique, sans nom ni histoire, où la mort níexiste pas et où le peuple vit dans une sorte de bonheur morne et désabusé.

Tout cela va changer avec líarrivée díun Inspecteur, envoyé par le Pouvoir Central, troublé par cette bizarrerie. Une ville sans nom ni histoire ne peut pas être administrée. Pour ce qui est de líhistoire, líInspecteur ré-instaure la mort (pour cela, il est secondé efficacement par une inquiétante secrétaire); pour la question du nom, la ville est baptisée du nom suggestif de Colère Divine. La terreur est arrivée.

Un citoyen, pourtant, décide de contrer ce nouveau pouvoir. Cíest Daniel qui, entre líamour díune femme, le devoir envers ses égaux et la peur de la mort, doit choisir constamment, ce qui níest pas toujours une tâche facile. La première confrontation se passant presque à la faveur de Daniel, ce dernier síélève au rang de leader politique. Mais líInspecteur - maintenant aidé par líabominable Docteur N, espèce díarriviste débordant de mépris et haine envers les hommes - réagit en provoquant Daniel pour un duel final. Un duel non physique, mais idéologique, qui, par ses propres contradictions internes et líimpossibilité de les résoudre, dérape petit à petit dans le délire, en direction de líanéantissement final de la raison.

Édité en 1991 dans sa version française par la maison díédition disparue 2 Déci (Yverdon, Suisse), en tirage limité, cet ouvrage níest pratiquement pas connu en France. Même en terre helvétique il peut être considéré comme une rareté. Quelques exemplaires sont encore disponibles chez líauteur.
 


 
 
Bien strucuturée, suivant une trame dramatique classique, "La Ville" est une allégorie intemporelle de la dictature, une transposition poétique de la réalité qui pousse à la réflexion. D'un trait précis et hachuré, Roosevelt y dépeint un peuple heureux, soudain soumis à un pouvoir tyrannique. Le combat pour la libération, mené par le héros Daniel, ne se fera pas sans souffrance: ce sera la lutte de l'homme face à la société, à la haine et à la mort. Pour l'auteur, l'oeuvre est aussi l'occasion d'une autre libération: celle de ses références artistiques. Dans ses premières planches apparaissent ainsi, en guise d'hommage ou de clin d'oeil, plusieurs personnages symboliques: Moebius, Dalí, et même le poissonnier d'Astérix. Le dessinateur s'affranchit à la fin du récit, dans un délire libératoire extrême. L'oeuvre en ressort alors grandie et annonciatrice d'autres réalisations prometteuses. (Pascal Fleury, La Liberté)

D'un trait simultanément fouillé et précis, "La Ville" est, graphiquement, d'une grande lisibilité et fort soignée; un très beau travail de dessinateur, assorti de perspectives saisissantes. (Philippe de Bellet, Journal du Nord-Vaudois)


 
 
 
Planche 23

 
Planche 61

 
Planche 68

 
Planche 75

 
Planche 96

 
Planche 124

 
 
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